humago philanthropie

Le Cron démarre

Mur social Infolettre Forfaits Inscription gratuite Connexion

Le Cron démarre

Daniel H. Lanteigne et les jeunes amputés

Publié le mardi 20 décembre 2016

Publié par Fondation du Centre de réadaptation en déficience physique de Montréal

Grand Montréal

Daniel H. Lanteigne et les jeunes amputés
Daniel H. Lanteigne à l’âge de 9 ans pour la campagne incitant les jeunes à jouer prudemment

« Aujourd’hui, la dictature de la beauté et du corps parfait est omniprésente. L’amputation force ces adolescents à cesser de se définir à travers le regard des autres » - Daniel H. Lanteigne, Bénévole auprès de jeunes amputés et Directeur général Fondation du CRDPM.

Quand la foudre frappe deux fois au même endroit !

À l’âge de quatre ans, Daniel H. Lanteigne a subi l’amputation d’une partie de son pied droit à la suite d’un accident de tracteur de pelouse. À l’adolescence, une fasciite nécrosante (maladie mangeuse de chair) force les médecins à amputer sa jambe droite sous le genou. Déterminé, il choisit de transformer ces épreuves en dépassement.

Dès l’âge de cinq ans, il devient Ambassadeur actif de l’Association des Amputés de guerre. Sa revue de presse est imposante et la liste des mérites récoltés au fil des ans est impressionnante.

De l’intimidation à l’acceptation

« Être un enfant ou un adolescent différent peut souvent entraîner la marginalisation, voir l’intimidation. À l’époque, on disait que c’est l’ignorance de la différence qui créait des frictions, c’est vrai aujourd’hui plus que jamais !

Comme bénévole auprès de jeunes amputés, je rencontre les familles et le constat me sidère toujours. On parle beaucoup d’intimidation en milieu scolaire. L’intimidation est d’autant plus cruelle lorsque les propos ou la violence physique cible le handicap. Je les aide à trouver des stratégies qui facilitent l’inclusion. J’incite les jeunes victimes de moqueries ou d’intimidation à briser ce cycle infernal en étant proactifs en début d’année scolaire, par exemple.

J’aime bien partager mon expérience. En début d’année, j’avais pris l’initiative de m’entendre avec mon professeur pour prendre quelques minutes pour me présenter devant la classe et aborder le sujet de ma différence. Armé de tout mon courage et d’un peu (beaucoup) de stress, je leur disais que j’étais différent. J’expliquais ce que j’étais en mesure de faire ou non. J’étais d’accord pour qu’ils touchent ma prothèse, qu’ils me poussent quand j’étais en fauteuil roulant.

Cesser de se définir à travers le regard des autres

À l’adolescence, une étape où l’estime de soi est souvent fragile, un accompagnement par un pair-aidant peut faire toute la différence. Ces jeunes amputés ont besoin d’un modèle positif. D’échanger à propos de ce qu’ils vivent quotidiennement. De trouver les bons mots pour parler de leur condition. De savoir qu’ils ou elles ont droit à l’amour d’une blonde ou d’un chum.

Aujourd’hui, la dictature de la beauté et du corps parfait est omniprésente. L’amputation force ces adolescents à cesser de se définir à travers le regard des autres. À se forger une identité plus solide et plus réaliste. Souvent, ils deviennent à leur tour un modèle de détermination pour l’entourage.

J’accompagne aussi les familles qui ont également besoin de soutien. C’est difficile pour les parents d’être confronté à « l’invalidité » ou au « handicap » d’un enfant. Cela soulève beaucoup d’émotions et de questionnement. Ils ont besoin d’aide pour relativiser tout ça.

Je participe également à des jumelages auprès d’adultes amputés au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

L’important c’est ce qu’il nous reste, pas ce qu’il nous manque

Tout accident qui « enlève » certaines capacités est une atteinte au corps. On se dit : il ne me manquait rien et maintenant il me manque quelque chose. Pour moi, clairement, l’important c’est ce qu’il nous reste, pas ce qu’il nous manque. Parce que dorénavant, il faudra faire avec.

Ayant côtoyé des personnes amputées durant toute mon enfance, le choc de devoir laisser aller une autre partie de ma jambe droite n’a pas été si tragique. Le plus grand choc a surtout été pour ma famille. Pour eux, l’horizon se limitait à « ce que j’aurais en moins ».

Rapidement, en me voyant faire mes « premiers pas » avec ma prothèse tibiale, les craintes se sont estompées pour eux et, en quelque sorte, pour moi aussi. Je voyais, au fur et à mesure, que je pourrais marcher aisément, courir, patiner, faire du ski et donc vivre pleinement ma vie d’adolescent de seize ans.

Daniel H. Lanteigne, au début de l’âge adulte avec ma grand-mère.

 

La réadaptation un grand « reset »

La réadaptation c’est exigeant, énergisant et inspirant à la fois. Après l’amputation, avec la physiothérapie et l’ergothérapie, j’ai retrouvé une belle autonomie. Mieux même qu’avec l’amputation partielle de mon pied droit.

J’ai été choyé. Vraiment ! Chaque jour de ma réadaptation, je sentais qu’on se souciais réellement de moi, de mon cheminement et de mes progrès sur tous les plans.

Tous les matins à l’interne, pendant un mois de façon intensive, je travaillais avec ma physio, mon ergo, en plus du reste de l’équipe multidisciplinaire composée de ma prothésiste (d’ailleurs j’ai encore la chance d’avoir la même aujourd’hui), de mon physiatre et de mon psychologue. Je dis « mon », car oui on se les approprie. Ils deviennent rapidement les gens les plus importants dans ce processus de réadaptation. Ils m’ont permis non seulement d’atteindre mes objectifs mais ils les anticipaient. Ils n’ont pas ces barrières que je pouvais me mettre, ils savaient, bien avant moi, tout ce que je pourrais accomplir au terme de cette réadaptation. Je dirais qu’il est là le « miracle »de la réadaptation. Grâce à leur expertise, ces professionnels savent exactement ce que nous sommes capables d’accomplir dans un laps de temps assez précis.

La réadaptation c’est comme un grand « RESET ». Tu arrives fragilisé. Rien ne sera plus comme avant. La réadaptation transforme ton épreuve en dépassement. Après, toute la vie, on se fixe de nouveaux objectifs pour le plaisir et la satisfaction de les dépasser.

La ligue majeure

Aujourd’hui, âgé d’à peine de 30 ans, Daniel H. Lanteigne occupe le poste de directeur général de la Fondation du Centre de réadaptation en déficience physique de Montréal. La Fondation est située dans l’établissement où il a lui-même fait sa réadaptation.

Photo officielle de Daniel H. Lanteigne

 

« La Fondation est liée au Centre de réadaptation en déficience physique – Institut universitaire du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal. Le Centre a une double affiliation universitaire. Il est affilié à l’Université de Montréal et à l’Université McGill. Comme directeur général de la Fondation, je dois travailler à collecter des fonds et à rassembler tous les partenaires possibles pour financer des projets de recherche et l’enseignement universitaire en réadaptation. Notre Fondation dessert le plus grand institut de réadaptation au Québec. La ligue majeure en réadaptation.

La Fondation est née de la récente fusion des fondations du Centre de réadaptation Lucie-Bruneau, de l’Institut de réadaptation Gingras-Lindsay-de-Montréal et Surdité et Communication de l’Institut Raymond-Dewar.

Nous allons bientôt annoncer un changement de nom pour la Fondation et une nouvelle identité visuelle. Plus dynamique. Plus actuelle.

Aujourd’hui, quand je rentre travailler, de beaux souvenirs me reviennent. La réadaptation fut pour moi le moment où mes ambitions croisaient enfin les possibilités et c’est encore plus vrai maintenant.

Je suis heureux d’apporter ma contribution aux avancées de la cause de la réadaptation. C’est un mandat que je prends avec beaucoup de sérieux et de confiance ».

Suivez nos activités sur readaptation.org ou par l’entremise de réseaux sociaux comme Facebook, Twitter et Youtube.

Laisser un commentaire

Veuillez vous connecter à la communauté HUMAGO pour laisser un commentaire.

La philanthropie selon HUMAGO®

La Fondation HUMAGO® a pour mission première de développer la culture philanthropique chez nos jeunes d’aujourd’hui, de demain et d’après-demain. Elle entend promouvoir, encourager et développer l’engagement social auprès des citoyens pour imaginer ensemble un monde meilleur.

Communauté

Individu
Forfaits
Collaborateur
La Communauté HUMAGO
Radio
Nos partenaires
Le Cron démarre

Suivez-nous

Page médias (logos)
Infolettres (archives)
Infolettres (s'abonner)
On parle de nous
Facebook
Twitter

Le Cron démarre
Le Cron démarre